La saison du FC Lorient démarrait ce lundi au Moustoir. Première pierre d’un nouveau départ après la fin de la décevante collaboration avec Mickaël Landreau cet été, ce match contre le Paris FC en rendait curieux plus d’un. Les interrogations étaient nombreuses. Autant de nouveautés dans le staff et sur le terrain susceptibles de bouleverser positivement un groupe en proie aux plaies de deux exercices en ligue 2 plus que frustrant.
Au delà de cette victoire réjouissante, 3-0 contre un barragiste de la saison passée, c’est tout un club qui semble reprendre vie.
L’état d’esprit en priorité
Le premier enseignement que nous donne cette victoire pleine de maîtrise, c’est la certitude que les merlus ont trouvé en la personne de Christophe Pelissier, un entraîneur capable de fédérer autour de lui un état d’esprit conquérant. Un homme de caractère et d’expérience au chevet d’un club en manque d’ambition sur le terrain, c’est la recette envisagée par le président du FC Lorient, Loïc Fery.
Le premier quart d’heure de jeu a mis en relief avant tout une intensité dans les pressings collectifs et une capacité à amener le ballon vers l’avant très vite, bien matérialisés par le but de Jimmy Cabot (11e minute) : une séquence collective fulgurante, aux deux dernières passes en une touche. Le rythme, la rigueur et la détermination pour accompagner une constante envie d’aller de l’avant, c’est l’empreinte Pelissier qui se fait vite ressentir et qui redonne à Lorient une belle allure en ce début de saison.
Cabot sur tous les fronts
Soucieux de s’appuyer sur un collectif soudé et compact plutôt que sur une somme d’individualités, le nouvel entraîneur merlu peut néanmoins compter sur un onze composé de joueurs à fort potentiel offensif et créatif. Grand artisan de la victoire bretonne, Jimmy Cabot s’est démarqué par les qualités qu’on lui connaît, de dribble et de percussion. Insaisissable sur son côté, il a illuminé le jeu par sa justesse et son efficacité. Premier buteur, il n’a ensuite cessé d’oeuvrer sur le front de l’attaque. On assiste ici à la renaissance d’un joueur en échec pendant les deux années du mandat de Mickaël Landreau. L’arrivée de Christophe Pelissier c’est donc aussi l’espoir de revoir un effectif prometteur se trouver une cohérence et une confiance jamais atteinte par le passé. Yoann Wissa, autre déception de la saison précédente, entre lui aussi de la meilleur des manières dans sa saison, en retrouvant, par un joli but, le chemin des filets. En manque de réussite depuis son arrivée au club, ce renouveau pourrait aussi lui profiter.
Paris FC : des coups, Pitroipa et pas grand chose d’autre
Pour sa première sortie, ce FC Lorient new look était opposé à une équipe parisienne, barragiste du dernier exercice mais en pleine reconstruction. Si les merlus peuvent se réjouir d’avoir livré une prestation aboutie et cohérente, ce n’est absolument pas le cas de l’équipe de Mecha Bazdarevic. Incapable de développer du jeu, c’est au travers de contacts bien trop appuyés et d’un contenu défensif très rugueux qu’ils se sont distingués. Seul joueur capable de faire des différences, Jonathan Pitroipa a été bien muselé par la défense toute neuve de Lorient tout au long de la rencontre.
Face à l’entreprise constante de hacher le jeu des parisiens, le onze lorientais a répondu par le jeu et de fort belle manière. Révélation de cette rencontre, le jeune Enzo Le Fée, associé à l’expérimenté Fabien Lemoine, a fait montre de sa belle capacité de transition vers l’avant et de construction. Passeur et dribbleur, toujours juste dans ses choix et direct dans son jeu, il a constamment accéléré le jeu des merlus et permis au joueurs offensifs de s’exprimer. Fruit de la formation lorientaise, Le Fée a éclairé la rencontre d’une maîtrise technique et d’une maturité dans le jeu surprenante. Il a pu profiter à la relance de nombreuses options proposées et par les latéraux, Hergault et Le Goff très porté vers l’offensive, et par les membres d’un quatuor offensif, plutôt séduisant. Plus qu’à espérer que le recrutement de Julien Abergel, ne le poussera pas trop vite sur le banc. On a pu, le temps d’une rencontre, retrouver une association au milieu de terrain qui a fait la force du FC Lorient pendant de nombreuses années dans le 4-4-2 de Christian Gourcuff, avec l’alliance de deux milieux relayeurs complémentaires, l’un chargé d’un rôle d’interception davantage défensif, l’autre de construction et de transition. A l’image des paires Mvuemba/Romao ou encore Lautoa/Lemina, le duo Lemoine/Le Fée pourrait lui aussi faire briller l’équipe. Dans le sillage de cette rencontre, c’est donc beaucoup de promesses qui se dessinent avec le retour inattendu d’un jeu offensif léché, marque de fabrique du club, alors que l’accent durant la préparation était davantage porté sur l’état d’esprit.
La clé d’un futur ambitieux
Cette victoire apparaît encourageante pour la suite tant les points de satisfaction s’accumulent. Depuis plusieurs saisons, les choix négatifs successifs ont entamé l’engouement autour d’un club imprégné de l’idée d’un “football autrement”, d’une philosophie du plaisir maître devant le résultat. Gangréné par l’échec et la déception, le club semblait s’enfoncer lentement dans l’oubli : plus de jeu, des résultats en berne, un état d’esprit basculant dans la médiocrité…
L’arrivée de Christophe Pelissier au commande du navire nous offre au moins la certitude d’un bouleversement synonyme de regain d’intérêt. La preuve en est avec des tribunes bien garnies au Moustoir, pourtant désertées depuis longtemps. Il reste encore du travail au club breton pour retrouver ses allures d’antan mais les zones de perfectionnement se dessinent : parfaire les complémentarités notamment pour la paire d’attaque, continuer d’intégrer les recrues dans l’aventure avec réussite et, pour finir, gérer rapidement le cas Alexis Claude-Maurice, sortit sans sourire du terrain, sûrement la seule ombre au tableau. Difficile d’interpréter ce visage mais s’il continue de contraster avec le positivisme ambiant, le malaise pourrait s’installer. Affaire à suivre dès lundi.